31 octobre 2016

Le patrimoine des tapis hookés du N.-B. documenté

Acadie Nouvelle - Par Anthony Doiron 

Le registre des tapis «hookés» du Nouveau-Brunswick prend du galon. Les bénévoles étaient encore à pied d’œuvre ce week-end, à Moncton, pour documenter cette partie intégrale du patrimoine historique de la province.

Laurianne LeBlanc a passé les portes du Centre d’entraînement et de formation à l’emploi avec son tapis roulé sous son bras, samedi, matin.

La dame, qui aura 92 ans en décembre, le gardait entreposé dans sa demeure Memramcook, depuis plusieurs dizaines d’années. Ce sont ses deux sœurs, âgées aujourd’hui de 100 et 102, qui l’ont conçu dans les années 1940, alors que toute la famille habitait à L’Anse-des-Cormier.

«Dans le temps, on n’avait pas de télévision, pas de radio, pas rien. Ça fait qu’on fabriquait des tapis. On se débarrassait de guenilles, de vieux matériaux. Le neuf on l’aurait pas mis dans les tapis parce qu’on le portait.»

Elle a toujours aimé fabriquer des trucs de ses mains, l’artisanat étant son passe-temps favori.

«J’ai été couturière, alors des couvertures piquées, du crochetage, du tricotage, j’en ai fait beaucoup dans ma vie. Les tapis hookés, je suis trop vieille pour en faire d’autres, mais j’aimerais ça.»

Son tapis a été inscrit au registre des tapis du Nouveau-Brunswick, qui en compte aujourd’hui un peu plus de 380. L’initiative est née vers 2006, grâce à de nombreux bénévoles souhaitant capturer et conserver l’histoire de ses confections.

Tous les tapis fabriqués au Nouveau-Brunswick depuis plus de 25 ans ou par une personne née dans la province sont consignés.

Judy Morison, coprésidente du Registre des tapis du Nouveau-Brunswick, souligne l’importance historique que recèlent ces vestiges du passé.

«Les matériaux utilisés, les dessins effectués, l’histoire entourant leur création, ça fait partie de notre patrimoine. Nous avons un devoir de recueillir cette information pour ne pas qu’elle soit oubliée.»

Grâce à une cinquantaine de bénévoles situés un peu partout dans la province, l’organisme est en mesure de faire la tournée des quatre coins de la région. Le Musée du Nouveau-Brunswick a également offert son aide en tant que partenaire dans cette initiative, afin d’aider à l’évaluation et à l’archivage des tapis.

Le plus difficile du travail, indique Judy Morison, est de faire réaliser aux gens toute la valeur patrimoniale des tapis qu’ils possèdent.

«Ils vont hésiter à l’emporter parce qu’ils pensent qu’il est trop vieux, ou trop sale. Nous ce qui nous intéresse, c’est l’histoire derrière le tapis.»

La coprésidente souhaite voir ces tapis immortalisés sur internet, de manière à permettre une visite virtuelle. Il s’agit d’un projet ambitieux, mais près de 25 000$ des 50 000$ nécessaires ont été amassés jusqu’à présent pour la réalisation du projet.

«Nous avons beaucoup de gens qui donnent généreusement de leur temps pour nous aider à tous les niveaux. Nous leur sommes très reconnaissants.