21 octobre 2016

Des analyses d'ADN pour déterminer si le cougar est présent au N.-B.

Radio Canada avec CBC

Des échantillons de poils et d'excréments entreposés dans un laboratoire depuis 2003 seront finalement analysés pour vérifier s'ils appartiennent à un cougar. Les échantillons ont été recueillis au Nouveau-Brunswick, où des gens rapportent souvent avoir vu le grand félin.

Officiellement, le cougar de l'Est, une espèce qui évoluait principalement dans l'est du pays et dans le nord-est des États-Unis, a disparu du Nouveau-Brunswick.

Bien des Néo-Brunswickois sont convaincus qu'il y est toujours présent. Des gens rapportent fréquemment en avoir vu et à deux reprises, dans l'histoire récente, la présence de cougars dans la province s'est avérée.

Une analyse d'ADN en 2003 a permis de confirmer que des poils recueillis dans le parc Fundy provenaient bel et bien d'un cougar, mais d'une espèce sud-américaine. Ce cougar avait sans doute été transporté au Nouveau-Brunswick.

D'autres échantillons de poils sont entreposés à un laboratoire de génomique à Montréal depuis 2003. Le laboratoire ne les a jamais analysés par manque de temps.

« Au fil des années, il y a eu un roulement de personnel, des délais qui ont fait en sorte que cinq ou six de nos échantillons n'ont pas encore été traités », explique Donald McAlpine, chef de la recherche en zoologie au Musée du Nouveau-Brunswick.

Un nouveau laboratoire de génomique au N.-B.

Les échantillons seront rapatriés au Nouveau-Brunswick, où un nouveau laboratoire de génomique a vu le jour il y a quatre mois, à l'Université du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean.

Les échantillons arriveront dans quelques semaines et s'ajouteront à un autre, recueilli près de Sussex, dans le centre du Nouveau-Brunswick, sur un véhicule qui aurait heurté un cougar.

Le laboratoire traitera également un échantillon provenant d'un cougar exposé au Musée du Nouveau-Brunswick depuis les années 1930. Il aurait été abattu au Québec, mais son origine génétique n'a jamais été déterminée.

« Ça leur prendra deux semaines et ils pourront dire avec certitude s'ils sont venus d'un cougar », affirme Scott Pavey, de la Chaire de recherche du Canada en écologie moléculaire aquatique et en génomique écologique. « L'un des avantages d'un laboratoire de génomique, c'est qu'il peut identifier toute espèce à partir de l'ADN. »

M. Pavey affirme que ce nouveau laboratoire sera utile dans bien des domaines. « Ce sera plus facile de traiter des problèmes locaux et de travailler avec des gens d'ici, au Musée du Nouveau-Brunswick et au ministère des Pêches et des Océans », dit-il.

En ce qui concerne les analyses à venir sur les échantillons qui viennent peut-être de cougars, Donald McAlpine demeure sceptique.

Il n'est pas impossible que le cougar de l'Est existe toujours au Nouveau-Brunswick, dit-il. Mais si les tests démontrent bel et bien que les échantillons recueillis appartiennent à des cougars, il est probable qu'il s'agira de bêtes d'une espèce autre que le mythique cougar de l'Est.

D'après un reportage de Shane Fowler, CBC