13 octobre 2016

Une éblouissante « robe de verre » conservée au Musée du N.-B.

Radio Canada

Pour une tenue de soirée éblouissante, difficile de faire mieux qu'une « robe de verre »! Le Musée du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean peut se vanter de posséder cet objet rare dans sa collection.

La robe confectionnée il y a plus de 100 ans, a été coupée dans une étoffe tissée de fils de verre entrelacés de soie, appelée « étoffe de lune » (« moonlight cloth »). La robe longue de couleur vert pâle serait l'un des quatre exemplaires toujours existants dans le monde.

Selon le conservateur spécialisé en l'histoire de l'art au Musée du Nouveau-Brunswick, Peter Larocque, la robe a été fabriquée expressément pour l'Exposition universelle de Paris en 1900. Les fabricants étudiaient déjà les propriétés du verre depuis la deuxième moitié du 18e siècle, en l'étirant notamment au point d'en faire de longues fibres minces.

« Pour l'époque, cela représente une merveille. Qu'on ait réussi à transformer du verre pour en faire [un vêtement ], si fin et si souple, cela démontrait qu'on pouvait dépasser les limites dans le développement du matériau », explique M. Larocque.

Une robe à nulle autre pareille

La robe de verre a des reflets chatoyants semblables à de la soie, décrit M. Larocque. Mais au toucher, l'étoffe est loin d'être soyeuse. « [Sur la peau], ça devait provoquer la même sensation que de la fibre de verre », compare le conservateur.

Peu après avoir été montrée à l'Exposition universelle, la robe a été achetée par une artiste américaine du nom d'Ellene Jaqua. Des photographies de l'époque montrent l'actrice et chanteuse portant la robe. Le vêtement a éventuellement été acquis par l'illusionniste William Hewitt Mercer, qui était originaire de Saint-Jean. C'est lui qui en a fait don au Musée du Nouveau-Brunswick, en 1930.

Des quatre exemplaires toujours existants, la robe qui se trouve au Musée du Nouveau-Brunswick est celle qui présente une conception plus soignée. Mais l'étoffe est très fragile à certains endroits, comme les ourlets, les poignets, le corsage ainsi que la garniture de verre tressé.

L'équipe du musée tente de déterminer si la robe pourrait être montrée au public, en dépit de sa fragilité. Une étudiante au doctorat à l'Université technique de Munich, Charlotte Holzer, venue à Saint-Jean pour examiner le vêtement, note que les fibres de verre sont toujours flexibles, mais qu'elles cassent sous la pression.

« Cette robe est unique, parce que les fabricants se sont adaptés à l'étoffe de verre. Elle n'a pas été cousue de façon traditionnelle. C'est ce qui l'a gardée en si bon état », conclut-elle.