19 février 2016

Un signe positif pour la survie des chauves-souris

Radio Canada

Une nouvelle étude menée à l'Île-du-Prince-Édouard montre des signes encourageants concernant la population de chauves-souris de la province.

Un texte de Marc Babin

Une maladie, le syndrome du museau blanc, a décimé la population de chauves-souris de l'Atlantique ces dernières années.

Selon l'étude du Réseau canadien de la santé de la faune, une organisation qui regroupe toutes les facultés de médecine vétérinaire du Canada, la population de chauves-souris dans la province est à la hausse.

Les chercheurs ont disposé des détecteurs acoustiques qui permettent d'enregistrer les signaux d'écholocalisation des petites chauves-souris brunes et des chauves-souris nordiques, deux espèces en péril au Canada. Selon les chercheurs, il y a une hausse de leur population.

L'étude a été menée durant l'été, alors que la plupart des recherches sont faites en hiver, et va se poursuivre l'été prochain.

L'Île-du-Prince-Édouard ne compte aucune grotte ou caverne. Les chercheurs ne savent pas exactement où les chauves-souris hibernent ni même si elles le font. Il est possible qu'elles hibernent ailleurs que sur l'île. D'autres recherches semblent montrer qu'elles passeraient l'hiver dans des puits artésiens.

Ailleurs en Atlantique?

Les nouvelles sont bonnes aussi à Terre-Neuve-et-Labrador, où il n'y a toujours aucun cas du syndrome du museau blanc.

Au Nouveau-Brunswick, par contre, la situation est plutôt négative. Karen Vanderwolf, au Musée du Nouveau-Brunswick et membre du Réseau canadien de la santé de la faune, ne constate aucun signe encourageant.

Elle précise qu'en 2011, à l'arrivée du syndrome du museau blanc au Nouveau-Brunswick, on dénombrait 7000 chauves-souris dans une dizaine de sites dans le sud de la province. Lors de la dernière évaluation, il n'y avait que 13 chauves-souris sur les 10 sites.

Il est difficile d'évaluer le nombre total de chauves-souris, car les chercheurs ne connaissent pas nécessairement tous les sites d'hibernation. Il y en a peut-être aussi dans la région de Miramichi.

Des gens disent avoir trouvé des chauves-souris mortes en hiver, ce qui serait un signe du syndrome du museau blanc.

En Nouvelle-Écosse aussi il est difficile d'évaluer la population de chauves-souris, mais Karen Vanderwolf estime que la situation est assez semblable à celle au Nouveau-Brunswick : un déclin de presque 99 %.

Une maladie foudroyante

Le syndrome du museau blanc se caractérise par des mortalités massives de chauves-souris souvent associées à l'observation d'une croissance fongique blanche sur leur museau, leurs oreilles ou la membrane de leurs ailes.

Selon l'une des théories, les chauves-souris se réveilleraient durant leur hibernation. Elles sortiraient des grottes, perdraient après quelque temps leur réserve de graisse et en mourraient. C'est pourquoi les scientifiques demandent à la population de signaler leurs observations de chauves-souris durant l'hiver.

L'an dernier, des scientifiques pensaient avoir trouvé un traitement contre la maladie à l'aide d'une bactérie. Mais Karen Vanderwolf ne croit pas que ce traitement trouvera des applications pratiques sur le terrain.